Une main sur le visage, cachant en partie le visage de Seele, celui ci venait de relever sa tête du corps de son père... Essuyant ses larmes, il devait faire bonne figure devant les autres de la cour. Non il ne pleurait pas la perte de son père, cette personne si importante et respectée. Il pleurait sous le choc des révélations de ce dernier: Celles ci remettaient en cause toute sa vie, ces dix-neufs années qui n'ont été que mensonge a son sujet. Comment avait il pu passer à coté de ça? Ce manque de ressemblance était pourtant flagrante à présent. Son « père » était petit de taille, massif, les cheveux d'un noir de jais taillés en rosse ce qui renforçait la froideur de son visage dont les traits semblaient taillés à la serpe. Ses yeux bien qu'étant fermés étaient minuscules, voir porcins. Allongé sur son lit de mort sa mâchoire paraissait encore plus saillante.
Seele ne pouvait plus regarder ce lit ou gisait le corps sans vie de son « père ». En sortant de la pièce il croisa son propre regard dans un miroir accroché à l'entrée de la chambre. Ses yeux étaient rougis par les larmes, mais ils gardaient toutes leurs profondeurs, accentuées par cette couleur violette unique. Pourtant ces yeux n'étaient rien sans le visage qui l'encadrait.
Un visage aux traits d'une finesse extrême. Ce visage était même envié par les femmes de la cour qui pourtant n'étaient pas en reste. Certains le disait divin, comme si il n'était que l'aboutissement d'un travail minutieux, ou les heures de labeur ne se comptaient plus. Pour couronner et mettre en valeur ce visage au teint hâlé, conséquence des longues journées passées dehors Seele arborait des cheveux blancs. Encadrant son visage, ils créaient un contraste exceptionnel, attrayant... l'enveloppant dans une autre dimension. Ils tombaient en cascade sur ses épaules qui bien qu'étant menues laissaient voir des muscles qui ne pouvait qu'être le fruit d'un travail de tout les jours. Seele ne négligeait en aucun cas sa forme physique. Elle n'avait d'égale que sa culture qui pour son âge était énorme. Lorsqu'il ne pouvait pas s'entraîner pour diverse raison il passait son temps dans la bibliothèque du royaume qui regroupait les écrits des plus célèbres auteurs, des encyclopédies immenses...
Seele referma la porte derrière lui avec sous le bras une partie de son héritage à qui ne figurait pas sur le papier. En effet son « père » avait tenu à ce qu'il emporte avec lui trois volumes qu'il avait écrit lui même. « La vérité, tu la trouvera entre ces lignes » lui avait il dit... En fermant cette porte il écrivait les premières lignes de sa nouvelles vie... Il devait faire ses preuves en tant que Souverain.